La crémation en progrès. Enregistrer au format PDF

Mardi 1er janvier 2019 — Dernier ajout jeudi 13 décembre 2018
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Il y a un an, dans notre bulletin paroissial (nov. 17), j’avais recensé, sur les 17 communes des paroisses de Broons et Caulnes, 169 urnes funéraires identifiées, dans nos différents cimetières. Il y a vingt ans, cette pratique était quasi inexistante. C’est dire la forte progression de la crémation. Au plan national, le pourcentage de cette pratique atteignait 36% en 2017. Dans certaines grandes villes, les incinérations font presque jeu égal avec les inhumations.

Pourquoi une telle évolution ? Les causes sont multiples, mais on peut facilement en dégager cinq : a) - Dans les pays de tradition chrétienne et rurale, on enterrait les morts où ils reposaient « en attendant la Résurrection. » Ce geste prenait une forte dimension symbolique, car il évoquait l’ensemencement des graines en automne, porteur de la promesse d’une moisson féconde, laquelle faisait penser à la Résurrection après un temps d’enfouissement des corps en terre. La sensibilité de nos contemporains s’est déplacée. La question du salut, de ce qui se passe après la mort, les soucie désormais moins que la fin de vie qui devient un débat national. Les obsèques doivent témoigner d’une mort bien accompagnée et sans souffrance, avec la promesse énigmatique d’un vague souhait à l’adresse du disparu : « tu resteras à jamais présent dans nos cœurs. » Du coup, l’incertitude entourant le devenir des défunts brouille la symbolique de la mise en terre, et facilite le choix de la crémation.

b)- Au regard de la sensibilité écologique qui se répand aujourd’hui, l’incinération apparaît un procédé plus propre que la décomposition des corps. Alors, laissons la terre aux vivants et une terre saine, disent-ils. Le feu qui a un effet purificateur, convient mieux.

c)– Les populations se déplacent beaucoup désormais. On ne reste plus au village où nos ancêtres reposent. L’urne funéraire est plus mobile. Et puis aussi plus facile d’entretien. Bien des personnes âgées ne souhaitent pas transmettre aux enfants la charge d’entretenir leur sépulture après leur départ..

d) - Enfin, le fait que l’Eglise catholique ait toléré l’incinération en 1963, après l’avoir toujours refusée, a sans doute eu une réelle influence sur certaines décisions en faveur de la crémation.

e)- Peut-être aussi que le moindre coût de l’incinération par rapport à l’inhumation peut influencer le choix dans certains cas.

Elie Geffray