Une aussi longue attente

Jeudi 13 décembre 2018 — Dernier ajout mardi 1er janvier 2019
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Ce pourrait être le titre d’un film, mais non, il s’agit de l’attente du Messie. Au moment de Noël, il nous arrive encore de chanter : « Depuis plus de quatre mille ans, nous le promettaient les prophètes… » Le peuple choisi, le peuple d’Israël, le peuple juif attendait ce Messie, ce sauveur depuis des siècles. Il y avait sans doute dans cette attente des connotations politiques…..

Ce peuple attendait un roi qui gouvernerait à la manière des hommes et qui contribuerait à chasser les ennemis. Quand nous relisons l’histoire de ce peuple hébreu, mon Dieu, que de batailles, que de persécutions, que de déportations, que de destructions et pourtant au milieu de tous ces évènements, il y avait une espérance forte d’un sauveur qui apporterait la justice et la paix.

Le soir de NOEL, nous entendrons ce beau texte du prophète Isaïe : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays, une lumière a resplendi…. Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! » Isaïe9, 1-6. Et encore cet autre lecture : « Voici que le Seigneur se fait entendre jusqu’aux extrémités de la terre : Dites à la fille de Sion : voici ton Sauveur qui vient » Isaïe 62, 11 - 12

Ces textes ont été écrits quelque sept cent ans avant la naissance du Christ lui-même. Toute la prédication des prophètes a consisté à inviter le peuple choisi à se comporter de manière à accueillir un jour cette venue, cet événement. Mais aujourd’hui qu’attendons-nous ?

Attendre. C’est une attitude active, loin de la passivité. Qui dit attente, dit qu’il y a comme un vide, comme un creux qui ne demande qu’à être comblé. Nous attendons la visite d’un ami. Nous attendons le résultat d’un examen médical. Les enfants attendent les cadeaux au soir de Noël. La crèche qui est mise en place dans les maisons et les églises n’est- elle pas comme le symbole de ce creux à combler d’une présence.

Alors oui, nous avons quelques semaines pour creuser en nous ce désir d’accueillir le Christ sauveur en nos cœurs. Cela implique de lui faire une place. Cette démarche passe sans doute par une plus grande importance donnée à l’écoute de la Parole de Dieu, par une prière plus insistante, par une plus grande attention aux autres, en particulier les plus faibles et les plus démunis de notre monde. Et pourquoi pas un temps de retraite ou de récollection pour ouvrir notre cœur au Christ qui vient.

Si nous creusons en nos cœurs ce désir, alors le Christ viendra « habiter parmi nous ». Emmanuel – « Dieu avec nous », pour notre plus grand bien, pour plus de justice et de paix en ce monde.

P. Francis MORCEL, administrateur des paroisses de Caulnes et Broons