Toussaint, le Chrétien peut-il être ambitieux ? Enregistrer au format PDF

Mardi 30 octobre 2018
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« A propos de la Toussaint, le Chrétien peut-il être ambitieux ?

L’ambition est-elle compatible avec certaines paroles que nous trouvons dans l’évangile : « Les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers (Mat 20,16) « Quiconque veut sauver sa vie la perdra. » (Mat 16, 25).

Il n’est pas si loin le temps où tout était mis en œuvre pour humilier les personnes. Il suffit de penser à la vie qu’ont connue Bernadette Soubirous, Thérèse de Lisieux ou Jeanne Jugan. Et dans le même temps, je pense à l’ambition qui habitait les missionnaires, hommes ou femmes, souvent religieuses ou prêtres, qui sont partis à l’aventure pour l’annonce de l’évangile, au-delà de toutes frontières, en fidélité à cet ordre venu de Jésus lui-même : « Allez, de tous les peuples, faites des disciples » (Mat 28,19) Ils ont vraiment risqué leur vie pour cet idéal : faire connaître le Christ au plus grand nombre Je pense aussi à tous ces grands fondateurs et rénovateurs d’instituts religieux qui ont contribué à bâtir notre Église et lui donner un des rayonnements les plus prestigieux qui soit.

Si l’évangile des béatitudes nous met régulièrement sous les yeux ces invitations à la pauvreté, à la douceur, à la paix, à la miséricorde, à la pureté de cœur, au pardon, nous entendons aussi cet appel en Matthieu : « Soyez parfaits, comme votre père céleste est parfait » (Mat 5,48).

La vie chrétienne serait vouée à la monotonie et une grande pauvreté, si elle se privait de toute ambition, si elle n’était animée d’aucun désir de progrès, de dépassement, d’accomplissement. Il n’y a rien d’inconvenant en tous cas à penser sa vocation de chrétien en termes d’ambition quand il s’agit de vouloir parvenir à la sainteté.

Le mérite de celles et ceux que nous honorons aujourd’hui est de témoigner que cette ambition, même si elle ne s’est pas exprimée clairement par des mots précis, peut se réaliser dans la vie quotidienne. Elle se joue là où la vie nous a placés, au cœur de nos engagements, de nos responsabilités, même les plus simples, dans les relations qui font notre vie de tous les jours.

Mais cette ambition peut nous jouer des tours. L’orgueil nous guette toujours. La volonté de puissance est en permanence à notre portée : « Regarde-moi, Seigneur, disait le pharisien de la parabole : « je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont menteurs, voleurs… » Alors que le publicain se cachait au fond du temple, dans une grande attitude d’humilité.

Nous connaissons de ces hommes et de ces femmes qui ont certes de l’ambition pour leur entreprise, mais qui font subir aux autres des conditions de travail et de vie qui au lieu de faire grandir, détruisent l’humain. Celui-ci étant alors considéré comme un objet que l’on jette après l’avoir exploité.

Nous sommes appelés à la vigilance pour que le goût des honneurs, de la reconnaissance démesurée, la recherche de la gloriole ne soient pas les éléments qui nous poussent à agir. A quoi servirait-il de gagner le monde, demandait Jésus si c’est pour y perdre son âme ? Il ne s’agit pas de renoncer à l’ambition mais bien de chercher d’abord à faire en tout, la volonté de Dieu.