Au tableau d’honneur du mois dernier.

mardi 9 juin 2015
par  Gabriel Dénecé
popularité : 50%
1 vote

Il n’est pas fréquent que l’on cite une Miss France dans les colonnes d’un bulletin paroissial. Je voudrais pourtant vous signaler celle qui a porté ce titre en 2010 : Malika Ménard…Un nom bien de chez nous. Quelques internautes, sur les réseaux sociaux, ont voulu lui attribuer une parentèle avec un autre Ménard. Robert de son prénom, le sinistre maire de Béziers qui a voulu compter le nombre de musulmans dans son école, à partir des noms et prénoms des élèves…et cela à des fins discriminatoires, comme le FN, auquel il s’apparente, sait si bien le faire. Malika Ménard a aussitôt remis les pendules à l’heure en publiant la déclaration suivante :

« Je suis fière de mon nom de famille et désolée qu’il m’associe à Robert Ménard avec qui je ne peux définitivement partager rien d’autre. Je suis également très fière de mon prénom qui fait écho aux années passées au Maroc, avec mes grands parents, à Meknès, puis à Rabat. Je laisse à Robert Ménard son dangereux processus de « comptage. » Je lui propose tout de même, pour ma part, de me « compter » dans une catégorie qui s’applique à moi et à des millions de citoyennes et de citoyens. « Femme libre », amoureuse de son pays, de sa diversité ethnique et religieuse, et fière de toutes ses racines, sans exception. » ( 07/05/15)

Rien à voir avec une Miss France, mais Alain Juppé mérite, lui aussi, une mention à notre tableau d’honneur. Dans le journal Le Monde daté du 24 avril dernier, il défend la diversité religieuse « qui enrichit notre patrimoine. » Il déclare aussi que « La laïcité ne doit plus être l’ignorance du fait religieux. C’est l’ignorance qui engendre la peur et la peur qui entraîne la violence. » Alain Juppé n’ignore pas les dangers de l’intégrisme, mais ne le confond pas avec l’Islam qui « a toute sa place dans un contexte de laïcité…..Je suis contre l’assimilation qui veut rendre semblable l’autre alors que nous sommes différents…Nier ces différences est absurde. Il faut les respecter. Les différences sont compatibles avec la République si on partage des valeurs communes, la langue, la nation, le patriotisme, la liberté des femmes. Il s’agit de créer l’unité dans la diversité. »

Enfin, il nous faut, dans la même ligne, parler de l’intellectuel français musulman Abdennour Bidar, qui vient de publier un admirable petit livre intitulé : « Plaidoyer pour la fraternité » - chez Albin Michel ( 6 €). A la fin de son ouvrage, il écrit ( page 90) : « Ma conviction très forte – que j’ai voulu partager avec vous – est que seule la fraternité, cultivée par les religions, mais pas seulement, peut nous rassembler maintenant tous ensemble dans la chaleur humaine d’une société sans barrières. »

Malika, Alain et Abdennour, merci.

Élie Geffray

Commentaires

Bouton Contact image J�sus
Bannière denier