Mardi 30 octobre 2018

Forte progression des obsèques civiles Enregistrer au format PDF

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Dans le cadre de l’UCO (Université catholique de l’Ouest- Site de Guingamp), j’avais dirigé un travail sur l’approche de la mort dans le département des Côtes d’Armor. Les années étudiées : 1961-1974-1999. Un des éléments retenus, les obsèques civiles. A l’époque plutôt faibles. J’ai dû réactualiser ces données pour l’année 2013 afin de répondre à une demande d’intervention à St Brieuc. Par manque de temps, l’étude n’a porté que sur les six premiers mois. Puis, cette année 2018, par curiosité personnelle, j’ai repris cette recherche mais sur les mois de mars – mai – juillet et septembre. On peut considérer qu’il s’agit là d’échantillons représentatifs, et que l’on peut établir un tableau comparatif de l’ensemble, qui donne les résultats suivants :

Année Réf % Obsèques Civiles

  • 1961 1,61 %
  • 1974 3,80 %
  • 1999 8,20 %
  • 2013 17,20 %
  • 2018 22,70 %

Entre 1961 et 2018, qu’est-ce qui a changé, en plus de la forte progression des obsèques civiles qui passent de 1,61 à 22,70% en 57 ans ? Notons les trois éléments suivants :

  • Les enterrements civils se sont banalisés. Ce ne sont plus des obsèques militantes (provenant en majorité de la Libre Pensée – de la Franc-Maçonnerie – de la Ligue de l’Enseignement et de partis et syndicats marxistes). Désormais, les obsèques civiles affectent l’ensemble de la population et ne provoquent plus d’étonnements particuliers. C’est un libre choix.
  • Si du point de vue géographique, le Trégor, les villes et la côte sont plus concernés que l’intérieur des terres, ces différences s’estompent progressivement.
  • Le rapport obsèques civiles hommes-femmes s’établit autour de 60-40% en faveur des hommes. C’est une constante que l’on peut observer aussi au niveau de la pratique religieuse, et qui indique que les femmes ont une relation plus vive à la religion que les hommes.

Il est impossible, dans le cadre restreint cette rubrique, de rendre compte des causes de cette évolution. Si on peut risquer un pronostic, je dirais que cette tendance va s’accentuer. D’une part lorsque les décès vont affecter les gens nés depuis les années 50 et qui étaient jeunes dans les années 70. D’autre part, si les entreprises de Pompes Funèbres, ou les municipalités, construisent des salles de recueillement pour les obsèques civiles, comme il en existe une à St Brieuc, avec du personnel formé, ce mouvement de sécularisation pourrait s’accentuer. Déjà, au cours de cette étude, le Professeur Yvon Tranvouez (Université de Brest), nous prévenait :

« Au moment où les Pompes Funèbres forment des professionnels, l’Eglise Catholique confie les enterrements à des bénévoles amateurs. »

Mais c’est l’ensemble de l’évolution sur l’approche de la mort qui est le plus significatif. Je reviendrai sur certains aspects : l’incinération en particulier

Elie GEFFRAY